L’administration américaine se préparerait à révoquer les visas d’affaires et de tourisme de près de 200 000 étrangers demandeurs d’asile aux États-Unis.
L’administration du président américain Donald Trump s’apprête à révoquer les visas de près de 200 000 étrangers, a rapporté l’agence Associated Press mardi, citant des documents du département d’État et deux responsables américains au fait du dossier. Cette mesure, qui viserait les voyageurs d’affaires et les touristes ayant déposé ou étant en train de déposer une demande d’asile, pourrait constituer la plus importante révocation massive de visas de l’histoire des États-Unis.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président américain Donald Trump a mené une vaste campagne de répression contre l’immigration, notamment en augmentant les expulsions, en intensifiant les efforts de détention et en durcissant les restrictions imposées aux demandeurs de visa.
La procédure de révocation des visas, qui n’a pas encore été finalisée et pourrait être contestée devant les tribunaux, devrait commencer dans les prochaines semaines et ciblerait les visas d’affaires B1 et les visas touristiques B2 délivrés depuis 2016, a indiqué l’AP.
« Nous collaborons avec le Département de la Sécurité intérieure (DHS) pour identifier et révoquer les visas de non-immigrant des étrangers qui sont venus aux États-Unis en prétendant être des visiteurs de courte durée, mais qui demandent ensuite l’asile pour rester ici de façon permanente », a déclaré Tommy Pigott, porte-parole du Département d’État, à l’AP.
Cette mesure n’entraînerait pas nécessairement une expulsion immédiate, a précisé l’AP, ajoutant que la plupart des personnes ayant déposé une demande d’asile pourraient être reclassées dans une autre catégorie d’immigration, tout en perdant leur statut de visiteur d’affaires ou de tourisme. Selon cette nouvelle approche, les demandeurs actuels devraient démontrer qu’ils n’ont pas l’intention de demander l’asile aux États-Unis et fournir la preuve qu’ils prévoient de retourner dans leur pays d’origine.
Dans le cadre de sa vaste campagne sur l’immigration, l’administration Trump a pris une série de mesures visant à renforcer les contrôles sur les ressortissants étrangers cherchant à entrer ou à rester aux États-Unis.
Plus tôt ce mois-ci, le département d’État a annoncé avoir révoqué plus de 175 000 visas depuis le retour de Trump au pouvoir. Parmi les personnes concernées figurent celles qui ont enfreint les conditions de leur visa ou qui ont été accusées ou reconnues coupables de crimes. L’agence AP a rapporté que ce total inclut également des personnes ayant publiquement critiqué la politique américaine.
En janvier, le ministère a imposé une suspension indéfinie du traitement des visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays le temps de réévaluer les procédures de sélection et de vérification.
L’administration a considérablement intensifié ses efforts en matière d’expulsion dans le cadre de cette campagne. En septembre 2025, le département de la Sécurité intérieure (DHS) a indiqué que plus de 2 millions de personnes avaient été expulsées ou avaient quitté volontairement les États-Unis au cours des 250 premiers jours de mandat de Trump.
L’administration Trump a également durci les règles d’obtention des visas de travail pour les professionnels hautement qualifiés. Une nouvelle proposition du Département de la Sécurité intérieure (DHS) prévoit d’imposer des frais supplémentaires de 103 265 dollars sur les demandes de visa H-1B soumises au quota, déposées par les employeurs américains. Le DHS estime qu’environ 85 000 demandes par an seraient concernées par ces frais.