EDITORIAL CHOC. Les élites et ploutocrates obligés de scier la branche sur laquelle ils sont assis!

BRUNO BERTEZ

Le 14 Octobre

2027 : la fin du bouclier qui protège les 1%;.

Face aux déficits persistants, face à la dégradation de la dette et aux besoins de financement qui ne diminuent pas, tout gouvernement, quelle que soit sa couleur, sera contraint de puiser dans les revenus et le patrimoine des retraités.

Les actifs ont déjà été fortement sollicités.

Les jeunes, moins nombreux et moins fortunés, ne constituent plus un réservoir suffisant.

La logique budgétaire se tourne donc vers ceux qui détiennent une part croissante du patrimoine et bénéficient encore d’un niveau de protection élevé.

La communication officielle prépare ce basculement sous des formules comme « justice intergénérationnelle » ou « contribution juste ».

Le sens est clair : les retraités vont payer davantage.

Les jeunes ont déjà largement contribué. Ils ont supporté le chômage de masse, la précarité des contrats, la stagnation des salaires réels et le coût du logement.

Leur cotisation au financement des retraites des générations précédentes a été massive, sans garantie crédible sur leur propre avenir. Beaucoup savent qu’ils ne bénéficieront pas du même niveau de pension.

Cette génération, moins attachée aux institutions traditionnelles, n’a plus ni les moyens ni la volonté de servir de variable d’ajustement. Elle forme un électorat volatil, souvent radicalisé ou abstentionniste

.Les retraités se retrouvent désormais en première ligne.

Longtemps protégés par leur poids électoral et par l’idée qu’ils avaient « tout construit », ils constatent que leur niveau de vie n’est plus sanctuarisé. Les pensions réelles stagnent ou reculent sous l’effet de l’inflation insuffisamment compensée, de la fiscalité sur le patrimoine et des réformes qui allongent la durée de cotisation.

Ce qui était présenté comme un droit acquis devient une variable d’ajustement.

Pour beaucoup, surtout les petites et moyennes retraites, le pouvoir d’achat déjà érodé est appelé à financer une part plus importante de la dette et des dépenses publiques.

La classe moyenne a perdu son rôle stabilisateur. Longtemps présentée comme le socle du consensus, elle a subi la stagnation des revenus, la hausse du coût du logement, la concurrence internationale et une fiscalité lourde sur les salaires et les patrimoines intermédiaires. Carrières plus hachées, accès plus difficile à la propriété et à une retraite confortable : l’idée de mobilité ascendante s’est affaiblie. Elle n’est plus un corps intermédiaire capable d’amortir les chocs ni de fournir une base électorale stable au centre.

Cette classe rejoint les ouvriers et vient grossir les rangs populistes du RN.

Une partie bascule vers les extrêmes ou l’abstention.

La France continue de prétendre à un rôle mondial que sa puissance réelle ne lui confère plus.

Ses élites, formées dans les mêmes cercles et se comparant aux standards de New York, Londres ou Bruxelles, refusent de voir que le pays est devenu, au mieux, une puissance régionale de second rang.

Cette illusion a un coût.

Il a d’abord été supporté par les jeunes et les actifs. Une fois ce gisement épuisé, le système se tourne vers le dernier réservoir encore solvable : les retraités.

Le calcul est simple. Les dépenses sociales et la dette héritée exigent des ressources. Les actifs d’âge intermédiaire ne peuvent plus encaisser seuls. Les plus âgés deviennent la cible logique. Il ne s’agit plus seulement de « solidarité ». Il s’agit d’une ponction qui réduit le pouvoir d’achat réel des pensions, alourdit la fiscalité sur le patrimoine et recule l’âge effectif de départ pour ceux qui peuvent encore travailler.

Cet électorat âgé a longtemps servi de digue politique et sociale. Majoritaire dans les urnes, plus stable dans ses choix, il a fourni au Centre la masse nécessaire pour contenir les colères populaires. En échange, le système lui garantissait un niveau de vie relatif supérieur à celui des jeunes et une relative protection. Cette alliance se défait.

En faisant payer les retraités à leur tour, les élites retirent à leur propre électorat le bénéfice qui justifiait sa loyauté.Il ne reste plus grand-chose pour faire tampon. La classe intermédiaire, désenchantée et précarisée, ne constitue plus un corps fiable. Les extrêmes captent une partie de cette désillusion. Le centre se retrouve à découvert, privé de son socle électoral traditionnel et de sa capacité à distribuer des compensations sans douleur.

2027 arrive dans ce contexte.

Les élections mettront face à face des électorats qui ont tous le sentiment d’avoir déjà payé ou d’être sur le point de le faire : les jeunes qui n’ont jamais cru au récit, les actifs qui ont cessé d’y croire, et les retraités qui découvrent que leur statut n’est plus protégé.

Dans un pays où la défiance institutionnelle est profonde, ce face-à-face n’aura rien de pacifique. Les élites qui gouvernaient en s’appuyant sur une majorité âgée et une classe moyenne aspirante n’ont plus ni l’une ni l’autre pour les protéger.

Le vide qu’elles ont contribué à créer va se remplir autrement.

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