Emploi Potemkine aux USA

Les révisions massives des créations d’emplois américains mettent en lumière un chiffre frappant : la croissance nette des emplois non agricoles (payrolls) en 2025 a été révisée de environ 1,2 million (chiffres initialement rapportés) à seulement 116 000, soit une correction d’environ 90 %. L’année 2024 a également été révisé à la baisse d’environ 44 %.

Ces ajustements s’inscrivent dans un processus régulier du Bureau of Labor Statistics (BLS) : révisions mensuelles successives + révision annuelle « benchmark » qui aligne les enquêtes sur les données plus fiables des registres d’assurance chômage.

La révision pour mars 2025 a été particulièrement importante (près de 900 000 emplois en moins), parmi les plus fortes depuis 2009. Des analyses de séries historiques confirment que la plupart des mois de 2025 ont été revus à la baisse, certains passant même de gains à pertes.

Le taux de chômage reste historiquement bas ,autour de 4,2 %.

Les demandes d’allocations chômage restent contenues. Mais le moteur des créations d’emplois est au point mort depuis longtemps : moyennes mensuelles très faibles (souvent de l’ordre de quelques dizaines de milliers, parfois négatives après révisions). Les observateurs décrivent un marché « calme » plutôt que « fort » : les entreprises embauchent peu, ne licencient pas massivement, mais ne remplacent pas non plus les départs .

Les postes non pourvus disparaissent sans générer de hausse visible du chômage.La qualité des emplois est également questionnée : part importante de temps partiel involontaire, concentration des gains dans certains secteurs (santé notamment), tandis que d’autres (manufacturing, retail, services professionnels dans certains cas) stagnent ou reculent.

Les « ghost jobs » et l’impact de l’IA (embauches gelées, postes jamais créés) renforcent le sentiment d’un marché moins dynamique que les chiffres bruts ne le suggéraient.

Parallèlement, le PIB réel continue de croître (environ 2,2 % annualisé au T2 2026, avec des projections plus élevées pour le T3 selon certains modèles comme Atlanta Fed GDPNow). La consommation et l’investissement des entreprises (notamment dans l’IA et les infrastructures liées) soutiennent l’activité.

En passant on peut aussi s’interroger sur la fiabilité des données macro economiques collectées et publiées!

Certaines prévisions (Deloitte, UCLA Anderson, etc.) parlent encore de « résilience » face aux chocs énergétiques, aux tarifs et aux tensions géopolitiques.

L’inflation reste toutefois élevée (CPI autour de 3,7 % récemment), portée en partie par l’énergie, et les salaires réels peinent à suivre dans de nombreux cas. Le marché du travail faible coexiste donc avec une croissance agrégée positive.

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