Les dépêches samedi soir, accepter les crises financières ou les guerres civiles!

A l’occasion de l’anniversaire de la crise, les déclarations se multiplient, toutes plus inadéquates les unes que les autres. Les plus stupides sont celles des gens qui étaient en place comme Paulson par exemple.

je ne vais perdre mon temps à collecter les inepties  écrites ou énoncées, je les résumerais en disant qu’elles passent toutes à côté de l’essentiel, et c’est le cas y compris du compte rendu pseudo historique que l’on trouve dans l’ouvrage de Tooze; aucune ne parvient  à expliquer pour quoi les crises financières se succèdent !

Un travail sérieux se pencherait sur la question de savoir pourquoi depuis plusieurs décennies, les crises n’en finissent pas: quel est leur point commun?

Réponse c’est l’émission excessive de crédit.

Toutes les crises sont des crises du crédit

Pourquoi? Parce que le crédit est le mal de notre époque

Pourquoi est-il le mal de notre époque?

Parce que l’on ne peut plus s’en passer

Pourquoi ne peut on s’en passer ?

Parce que les cash flows gagnés; les revenus gagnés sont insuffisants pour faire tourner la machine, il faut  injecter  de l’argent tombé du ciel. Du crédit que l’on n’honorera pas.

Parce que sans lui la machine économique s’arrêterait, la déflation s’installerait, le chômage enflerait, nos systèmes sociaux et politiques exploseraient. Ce serait la guerre civile.

Liste des crises financières:

-crash de 1987

-crise des S&L

-dislocation obligataire de 1994

-effondrement financier du Mexique en 1995

-crise des tigres asiatiques de 1997

-implosion de la Russsie en 1998

-crise colossale de LTCM en 1998

-effondrement de la bulle spéculative des Telcos en 2000

-crise du Brésil en 2001

-crise de la dette corporate en 2002

-crise Argentine en 2002

-crise de hypothécaire US en 2007

-crise de la dette européenne en 2010 et 2011

…….

Du crédit, il en faut « toujours plus » pour masquer les déséquilbres et ce « toujours plus » rend le crédit dangereux car on en octroie à des agents économiques de plus en plus douteuxL Le crédit devient instable, fragile, périlleux. Un jour ou l’autre il faut le détruire car il y en a trop . Et  la fontion des crises est de détruire l’excès du stock de crédit. Hélas le crédit a inflitré tout le système, le système ne supporte plus les destructions sans se trouver en danger. Donc on repousse, on triche, on maquille, on dissimule les problèmes de solvabilité en problèmes de liquidité. Les banques, le shadow banking, les marchés, les institutions tout repose sur le crédit  et en infiltrant tout, il cesse de reposer sur les compétences des professionnels , il se trouve soumis aux aléas des animal spirits. Et un jour les animal spirits se déchainent.

La plus grande faute est d’avoir mis le crédit sur les marchés , de l’avoir sorti des livres des banques pour pouvoir en créer plus.

En dernière analyse les crises financières sont des crises politiques reportées.

[Reuters] Fed’s ‘neutral rate’ guru downplays theory as rates rise

[BloombergQ] China to Keep Prudent, Neutral Monetary Policy, PBOC Says

[Reuters] China central bank says will maintain ample liquidity as trade row threatens economy

[Reuters] Argentina raises reserve requirements for banks to curb inflation

[BloombergQ] Italy’s Tria May Quit After Budget Approval, Messaggero Says

[WSJ] China, Russia Criticize U.S. in U.N. Remarks

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7 réflexions sur “Les dépêches samedi soir, accepter les crises financières ou les guerres civiles!

  1. Le crédit repose sur l’espérance de revenus futurs, ce qui au niveau économique se traduit par une croissance de PIB. Par ailleurs, la croissance du PIB est une résultante à environ 70% de notre consommation d’energie fossile (voir Gaël Giraud), énergie fossile sur laquelle nous sommes rentrés en déplétion d’offre.
    Nous sommes dans une fuite en avant, sans issue. Je crains que cela finisse en « chacun pour soi », ce que les élites ont parfaitement compris et appliquent déjà.

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  2. En France :
    6 millions de ponctionnaires afin d’acheter la paix, anesthésier la foule,
    66 millions d’illettrés ne sachant pas compter et acceptant de se faire voler 80% (tva incluse) du produit brut de leur temps et leur travail,

    – Pour 2018, les ressources nettes de l’État, déduites des prélèvements au profit des collectivités et de l’UE, sont estimées à 242,9 milliards d’euros,
    – Le solde du budget général est de −86,7 milliards d’euros, différence entre les ressources de 242,9 milliards d’euros et le total des dépenses nettes du budget général de l’État égal à 329,6 milliards d’euros,
    – La charge de la dette est de 41,2 milliards d’euros,

    La sphère publique en elle même est loin du mensonge des 3% de déficits hein : la sphère publique dépense TOUS LES ANS 135% de son budget !!!!!

    Il va falloir redéfinir les notions de « déficit budgétaire » et « déficit public » !

    Emprunter 100 milliards tous les ans pour faire ses courses chez les copains du CAC40, ça va avoir ses limites !

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  3. En quelques lignes, tout est écrit, chapeau!
    Et notamment, le lien avec le clientélisme politique financé à crédit, soit sous forme d’allocs en tout genre ou de réductions d’impôts.
    Au final, la seule chose qui fait que le système tient, c’est la confiance dans la valeur des monnaies. Si la confiance s’évapore, tout le système s’auto-nettoie avec les conséquences politiques et sociales dévastatrices dont le Venezuela nous donne un avant-goût.

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