BRUNO BERTEZ
Le 3 Juillet
Le 31 juillet 2026, le Wall Street Journal et CNBC ont rapporté la déroute du fonds spéculatif Situational Awareness, dirigé par Leopold Aschenbrenner, l’ancien chercheur d’OpenAI devenu prophète de la superintelligence artificielle.
Le fonds a chuté d’environ 67 % depuis le début du mois de juillet après de lourdes pertes sur les actions liées à l’IA.
À son pic, il gérait jusqu’à 45 milliards de dollars d’actifs.
Contraint par des appels de marge de ses prêteurs, Aschenbrenner a dû vendre en catastrophe la majeure partie de ses positions à effet de levier – notamment sur des titres comme SK Hynix et CoreWeave – à Citadel, la société de Ken Griffin, à prix réduit.
Les actifs du fonds sont tombés à environ 10 milliards de dollars.
Malgré tout, grâce à ses gains antérieurs (jusqu’à +270 % fin mai), le fonds reste positif d’environ 80 % depuis le début de l’année.
Ces faits ne sont pas spectaculaires en soi. Ce qui l’est, c’est le sauvetage et la rapidité d’intervention.
Et surtout ce qu’il révèle du fonctionnement actuel de Wall Street.On passe du macro au micro , c’est la nouvelle doctrine de gestion des risques.
Pendant des décennies, face aux excès, les autorités monétaires et les régulateurs intervenaient à l’échelle macroéconomique : baisses de taux, injections de liquidités massives, programmes de rachat d’actifs, ou menaces de régulation systémique. L’idée était de corriger les déséquilibres globaux avant qu’ils ne se transforment en crise généralisée.
Aujourd’hui, cette logique a changé. On n’utilise plus (ou beaucoup moins) les outils macro face aux excès. On « éponge » au niveau micro. Des firmes comme Citadel, extrêmement proches des autorités et clairement soutenues par elles, interviennent comme des bras séculiers du système. Elles rachètent les positions sinistrées, absorbent le risque, et empêchent la contagion de se propager.
Le sauvetage de Situational Awareness en est l’illustration parfaite.
La vente forcée à Citadel a déclenché une vague de rachats à découvert.
Les autorités ont compris depuis la nouvelle ère que les vendeurs a decouvert étaient leurs meilleurs alliés car ils constituent un ressort bandé qu’il suffit de declencher!
Le secteur des semi-conducteurs a rebondi de 8,4 % par rapport à ses plus bas de mercredi, le Nasdaq 100 de 4 %. Microsoft a grimpé de 21,8 % sur la semaine, Amazon de 17 %, Alphabet de 11,4 %.
Pendant ce temps, d’autres titres (Qualcomm, Micron, AMD) continuaient de souffrir.
L’indice MAG7 a progressé de 4,2 %.
Une volatilité extrême, mais contenue. Pas de panique systémique. Pas de crise de liquidité généralisée.
Depuis Archegos, le modèle est rodé! On s’en doutait depuis le fiasco Archegos en 2021. À l’époque déjà, les pertes colossales d’un family office très en levier avaient été absorbées rapidement par les banques et les grands acteurs, limitant la contagion.
Le schéma s’est perfectionné. Le monde financier est désormais surveillé comme le lait sur le feu. Chaque poche de risque excessive est identifiée, isolée et neutralisée avant qu’elle ne se propage.
Les autorités ne laissent plus les incendies se développer. Elles les éteignent localement, avec l’aide d’acteurs privés puissants et bien connectés. Citadel n’est pas un sauveur altruiste : elle rachète à prix cassé, renforce sa position dominante et en sort renforcée. Mais elle agit avec la bénédiction implicite (et parfois explicite) du système.
Les prêteurs, les prime brokers et les régulateurs collaborent pour que l’opération se déroule sans heurts.
Résultat : le risque de contagion est maîtrisé.
Les excès globaux – concentration extrême sur l’IA, leviers élevés, valorisations déconnectées – peuvent durer beaucoup plus longtemps qu’autrefois. Ceux qui parient sur une contagion rapide et une correction systémique sont punis.
Le marché se redresse, les gagnants (les grands acteurs comme Citadel) consolidant leur pouvoir, tandis que les perdants isolés sont liquidés sans faire de vagues.Un système plus résilient… ou plus fragile à long terme ?
Cette microgestion prolonge le cycle. Elle permet aux bulles sectorielles de gonfler davantage, car les participants savent qu’un filet de sécurité ciblé existe. Les excès ne sont plus corrigés par une purge macroéconomique douloureuse, mais par des opérations chirurgicales.
Tant que les firmes « amies » des autorités restent solvables et disposées à intervenir, le système tient.
Cette résilience apparente a un coût. Elle concentre encore plus le pouvoir entre quelques acteurs, transforme Wall Street en un espace hyper-surveillé et micro-géré, et retarde les ajustements nécessaires.
Quand le vrai choc systémique arrivera et il est inéluctable , il risque d’être d’autant plus violent que les déséquilibres auront été artificiellement prolongés.
En attendant le message est clair : ne pariez pas sur la contagion.
Le marché américain n’est plus un océan libre où les tempêtes se propagent librement. C’est un aquarium soigneusement contrôlé, où les autorités et leurs alliés exercent une surveillance de tous les instants. C’était l’un des messages de Greenspan au moment de son départ empechez les animal spirits de se coaguler. Les excès peuvent donc continuer. Et ils continueront.
31 juillet – Wall Street Journal
« Le fonds spéculatif Situational Awareness de Leopold Aschenbrenner a chuté d’environ 67 % depuis le début du mois de juillet après avoir subi de lourdes pertes sur les actions liées à l’IA, selon une source ayant consulté une lettre envoyée jeudi par la société à ses investisseurs. « Nous vous avons déçus ce mois-ci », a écrit Aschenbrenner dans cette lettre… Ces pertes importantes ont contraint la société à vendre la majeure partie de ses actions à Citadel, la société d’investissement de Ken Griffin, afin de réunir rapidement des liquidités pour répondre aux appels de marge de ses prêteurs… Les gains de Situational en début d’année étaient si importants que, même en tenant compte des pertes de juillet, le fonds affiche toujours une performance positive d’environ 80 % depuis le début de l’année, précise la lettre. Fin mai, Situational avait progressé d’environ 270 %… »
31 juillet – CNBC
« Il y a deux ans, Leopold Aschenbrenner affirmait être l’une des rares personnes au monde à percevoir clairement l’avenir. Dans un Dans un essai fleuve de 165 pages devenu une lecture incontournable de la Silicon Valley, l’ancien chercheur d’OpenAI s’est positionné comme une sorte de prophète de l’avènement de la superintelligence artificielle. Mais cette semaine, les limites de la vision d’Aschenbrenner sont apparues au grand jour lorsque le fonds spéculatif spécialisé en IA qu’il dirige – baptisé Situational Awareness, titre également de son manifeste viral de juin 2024 – s’est heurté à la dure réalité de la chute des valeurs semi-conducteurs et des appels de marge à Wall Street.
À son apogée, au début du mois, son fonds gérait 45 milliards de dollars d’actifs. Cependant, jeudi, après avoir été contraint de se délester de tous ses paris à effet de levier – y compris des valeurs durement touchées comme SK Hynix et CoreWeave – auprès de Citadel, le fonds de Ken Griffin, à un prix réduit, les actifs du fonds ont chuté à environ 10 milliards de dollars…
Le S&P 500 a progressé de 1,0 % (en hausse de 9,4 % depuis le début de l’année) et le Dow Jones de 1,0 % (en hausse de 9,2 %).
Le secteur des services publics a reculé de 4,0 % (en hausse de 4,7 %).
Le secteur bancaire a baissé de 0,7 % (en hausse de 13,9 %), tandis que le secteur des courtiers a progressé de 2,3 % (en hausse de 16,1 %).
Le secteur des transports a chuté de 6,4 % (en hausse de 21,2 %).
L’indice S&P 400 des Midcaps a baissé de 0,7 % (en hausse de 13,7 %), tandis que l’indice Russell 2000 des Small Caps est resté stable (en hausse de 18,1 %).
Le Nasdaq 100, toujours très volatil, a progressé de 0,5 % (en hausse de 12,0 %).
Le secteur des semi-conducteurs a reculé de 4,3 % (en hausse de 59,7 %).
Le secteur des biotechnologies a baissé de 1,0 % (en hausse de 19,3 %). Le cours de l’or ayant reculé de 7 dollars, l’indice HUI a chuté de 1,3 % (en baisse de 11,9 %).
SUR LES TAUX
Le taux des bons du Trésor à trois mois a clôturé la semaine à 3,6687 %.
Le rendement des obligations d’État à deux ans a baissé de quatre points de base à 4,29 % (en hausse de 82 points de base depuis le début de l’année).
Le rendement des bons du Trésor à cinq ans a progressé de deux points de base à 4,45 % (en hausse de 72 points de base).
Le rendement des obligations du Trésor à dix ans a gagné six points de base à 4,73 % (en hausse de 57 points de base).
Le rendement des obligations à long terme a bondi de 12 points de base supplémentaires à 5,27 % (en hausse de 43 points de base).
Le rendement des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) de référence de Fannie Mae a progressé de six points de base à 5,77 % (en hausse de 73 points de base).
AILLEURS
Le rendement des Bunds allemands a gagné trois points de base à 3,21 % (en hausse de 35 points de base). Le rendement français a augmenté de trois points de base à 4,00 % (en hausse de 44 points de base). L’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans est resté quasiment inchangé à 79 points de base.
Le rendement des obligations italiennes à dix ans a gagné deux points de base à 4,02 % (en hausse de 47 points de base depuis le début de l’année).
Le rendement des obligations grecques à dix ans a augmenté de deux points de base à 3,91 % (en hausse de 47 points de base).
Le rendement des obligations espagnoles à 10 ans a progressé de deux points de base pour atteindre 3,65 % (en hausse de 36 points de base).
AU UK
Le rendement des Gilts britanniques à 10 ans a progressé de deux points de base à 5,05 % (en hausse de 57 points de base). L’indice FTSE 100 britannique a gagné 1,2 % (en hausse de 9,3 % depuis le début de l’année).
AU JAPON
L’indice Nikkei 225 japonais a reculé de 0,4 % (en hausse de 27,9 % depuis le début de l’année). Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a baissé d’un point de base à 2,81 % (en hausse de 75 points de base depuis le début de l’année).
SUR LES ACTIONS
Le CAC 40 français a gagné 1,6 % (en hausse de 4,4 %).
L’indice DAX allemand a progressé de 2,1 % (soit +4,7 %). L’indice IBEX 35 espagnol a gagné 1,0 % (soit +14,3 %).
L’indice FTSE MIB italien a progressé de 0,7 % (soit +16,1 %).
Les marchés boursiers émergents ont affiché des performances mitigées.
L’indice Bovespa brésilien a bondi de 2,3 % (soit +10,5 %) et l’indice Bolsa mexicain a progressé de 0,8 % (soit +4,0 %).
Le Kospi sud-coréen a reculé de 1,4 % (soit +56,5 %).
L’indice Sensex indien a progressé de 2,7 % (soit -8,4 %).
L’indice de la Bourse de Shanghai a progressé de 0,5 % (soit -3,4 %).
L’indice Borsa Istanbul National 100 turc a chuté de 3,5 % (soit +195 %).
SUR LE CREDIT
Les crédits de la Réserve fédérale ont augmenté de 1,3 milliard de dollars la semaine dernière, atteignant un sommet en 16 mois à 6 699 milliards de dollars, soit une expansion de 209 milliards de dollars sur 33 semaines.
Ils restent toutefois inférieurs de 2 190 milliards de dollars à leur pic du 22 juin 2022.
Depuis la reprise du QE le 11 septembre 2019, les crédits de la Fed ont progressé de 2 973 milliards de dollars, soit 80 %.
Depuis le 7 novembre 2012 (716 semaines), ils ont augmenté de 3 888 milliards de dollars, soit 138 %.
Par ailleurs, les avoirs de la Fed de New York pour compte des détenteurs étrangers de titres du Trésor et de titres d’agences ont rebondi de 33 milliards de dollars la semaine dernière, pour s’établir à 2 918 milliards de dollars, après avoir atteint leur plus bas niveau en août 2010. Les avoirs en dépôt ont diminué de 311 milliards de dollars sur un an, soit 9,6 %.
L’encours total des fonds monétaires a diminué de 7 milliards de dollars pour s’établir à 7 854 milliards de dollars, enregistrant une baisse de 89 milliards de dollars sur trois semaines. Sur un an, cet encours affichait une hausse de 778 milliards de dollars, soit 11,0 %, après une progression historique de 3 270 milliards de dollars, soit 71 %, depuis le 26 octobre 2022.
Le total des titres de créance à court terme a augmenté de 5,6 milliards de dollars pour atteindre 1 397 milliards de dollars. Ce volume a diminué de 29 milliards de dollars, soit 2,0 %, sur un an.
Les taux fixes des prêts hypothécaires à 30 ans de Freddie Mac ont progressé de huit points de base pour s’établir à 6,66 % (en baisse de six points de base sur un an).
Les taux à 15 ans ont bondi de huit points de base pour atteindre 6,04 % (en hausse de 19 points de base).
Selon l’enquête de Bankrate sur le coût des emprunts hypothécaires de grande envergure, le taux fixe à 30 ans a augmenté de cinq points de base pour s’établir à 6,76 % (en baisse de 10 points de base).
SUR LES CHANGES
31 juillet – Reuters
« Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a dévoilé vendredi, lors d’une réunion du cabinet du président Donald Trump, une liste de choses à faire indiquant qu’il envisageait des achats de yens japonais d’une valeur de 5 à 10 milliards de dollars. Une photographie prise par Reuters pendant la réunion à Camp David le montre. Sur le bloc-notes de Camp David, pris par-dessus l’épaule de M. Bessent lors d’une partie officielle de la réunion, on peut lire, souligné, « À faire », suivi de « Achat de yens japonais (JPY) : 5 à 10 milliards de dollars ». »
Sur la semaine, l’indice du dollar américain a baissé de 1,5 % à 99,914 (en hausse de 1,6 % depuis le début de l’année).
Du côté des hausses, le yen japonais a progressé de 4,1 %, la couronne suédoise de 2,0 %, le rand sud-africain de 1,9 %, le dollar néo-zélandais de 1,5 %, le won sud-coréen de 1,4 %, l’euro de 1,4 %, le franc suisse de 1,3 %, la livre sterling de 1,2 %, la couronne norvégienne de 1,1 %, le peso mexicain de 0,8 %, le dollar singapourien de 0,6 %, le dollar australien de 0,6 %, le dollar canadien de 0,5 % et le real brésilien de 0,2 %.
Le renminbi chinois (sur le marché intérieur) s’est apprécié de 0,27 % face au dollar (en hausse de 3,48 % depuis le début de l’année).
SUR LES MATIERES PREMIERES
l’indice Bloomberg des matières premières a reculé de 2,1 % (en hausse de 20,4 % depuis le début de l’année).
L’or au comptant a cédé 0,2 % à 4 046 dollars (en baisse de 6,3 %).
L’argent a reculé de 1,0 % à 57,5953 $ (en baisse de 19,6 %).
Le pétrole brut WTI a chuté de 4,64 $, soit 5,2 %, à 84,67 $ (en hausse de 48 %).
L’essence a dégringolé de 8,3 % (en hausse de 82 %) et le gaz naturel a baissé de 4,3 % à 2,747 $ (en baisse de 26 %).
Le cuivre a rebondi de 2,0 % (en hausse de 14 %).
Le blé a reculé de 5,7 % (en hausse de 26 %) et le maïs a baissé de 5,1 % (inchangé).
Le bitcoin a perdu 1 200 $, soit 1,9 %, à 62 950 $ (en baisse de 28,2 %).
L’INSTABILITE
31 juillet – Bloomberg
« L’accord conclu par le milliardaire Ken Griffin avec le fonds spéculatif Situational Awareness, en difficulté, a contribué à un rebond des valeurs mondiales de l’IA, laissant les investisseurs se demander si le pire est passé ou si de nouvelles turbulences sont à prévoir. L’indice Kospi sud-coréen, dominé par les fabricants de puces, a bondi de 18 % vendredi, un record, après trois jours de baisse. Son homologue taïwanais a progressé de 8 %, tandis que le Nikkei 225 japonais a gagné 4 %. Jeudi, un indice américain très suivi des géants des semi-conducteurs a enregistré sa plus forte hausse depuis avril 2025. »
30 juillet – Bloomberg :
« De nombreux paris placés avant la décision de la Réserve fédérale, visant à se prémunir contre une éventuelle hausse des taux d’intérêt, sont en train de se dénouer après le maintien des taux inchangés. Le marché très suivi des contrats à terme sur les fonds fédéraux d’août a accumulé pour la première fois de son histoire plus d’un million de contrats, pour une valeur notionnelle d’environ 5 000 milliards de dollars. L’ampleur même du risque encouru soulignait l’incertitude extraordinaire qui régnait avant la réunion de juillet, la deuxième seulement organisée sous la présidence de Kevin Warsh, et ces positions sont désormais rapidement dénouées. »
27 juillet – Bloomberg : « L’indice S&P 500, dans son ensemble, semble stable ces dernières semaines car les variations individuelles de ses composantes, aussi importantes soient-elles, s’annulent en grande partie. La situation est différente au niveau sectoriel, où les capitaux se déplacent d’un secteur à l’autre à une vitesse fulgurante.
Depuis le début de l’année 2026, on a constaté à huit reprises un écart hebdomadaire à deux chiffres entre les groupes les plus performants et les moins performants du S&P 500. Les trois autres occurrences de ce phénomène à la même période de l’année remontent à 2000, 2001 et 2009, trois périodes désastreuses pour le marché, selon les données compilées par Sevens Report. »
29 juillet – Bloomberg :
« Les valeurs technologiques chinoises ont chuté jeudi, entraînées par les valeurs des semi-conducteurs, dont la croissance était fulgurante. Les inquiétudes concernant les valorisations élevées et la surabondance de titres ont accentué le mouvement de rotation sectorielle, délaissant l’un des secteurs les plus performants de l’année.
L’indice STAR 50 a dégringolé de plus de 6 % pour atteindre son plus bas niveau depuis le 30 avril… Cet indice à forte composante technologique, en passe d’enregistrer sa sixième baisse en sept séances, a perdu près de 29 % en juillet après avoir bondi d’environ 75 % au cours des trois mois précédents. »
SUR LE CREDIT AMERICAIN
30 juillet – Financial Times
« CoreWeave a consenti d’importantes concessions pour convaincre les investisseurs de son dernier prêt de 2,6 milliards de dollars, garanti par son contrat de services informatiques avec Anthropic. Ceci souligne le désintérêt croissant de Wall Street pour le financement de l’essor de l’IA. L’entreprise de cloud computing a relevé le rendement de sa dette à près de 9,1 % et renforcé les garanties offertes aux prêteurs pour finaliser l’opération après une semaine de faible demande… Parmi les principaux atouts de l’accord figure un mécanisme de « lockbox » sur mesure qui assure que les flux de trésorerie provenant des contrats sous-jacents sont utilisés pour le remboursement de la dette avant toute autre dépense. »
27 juillet – Financial Times :
« Un indicateur de risque très suivi, lié à la détention de titres de créance d’entreprises au cœur de l’essor de l’IA, grimpe en flèche, soulignant les inquiétudes croissantes suscitées par les dépenses colossales des géants de la tech en centres de données, puces et mémoires informatiques. Les prix des CDS (Credit Default Swaps), instruments couramment utilisés pour parier sur la dette d’entreprise, liés à Oracle, SpaceX, Alphabet, Amazon, Meta, Broadcom et Nvidia, ont atteint des niveaux records ces derniers jours, selon les données de LSEG.
Ces fortes variations font écho à une vente massive de titres de créance émis par les hyperscalers, qui investissent des centaines de milliards de dollars dans le développement de vastes centres de données et de modèles d’IA sophistiqués. Cette situation intervient alors que les investisseurs s’inquiètent de plus en plus du déluge de titres de créance émis par ces entreprises. »
30 juillet – Bloomberg :
« Le taux de défaut des 1 300 emprunteurs de dette privée américains suivis par Fitch Ratings a atteint un niveau record au deuxième trimestre… Le taux de défaut sur les douze derniers mois du crédit privé aux États-Unis a progressé à 6 % à la fin du trimestre, contre un précédent record de 5,7 % atteint au cours des trois mois précédents. Fitch a enregistré 32 défauts de paiement de crédit privé, impliquant 20 nouveaux emprunteurs distincts, au cours du trimestre, portant le nombre total de débiteurs défaillants à 84. Les prolongations d’échéance sous contrainte ont supplanté les paiements en nature et les reports de taux d’intérêt comme principale cause des retards de paiement trimestriels, a indiqué Fitch. »
30 juillet – Bloomberg
: « Blue Owl Capital Inc. a annoncé un ralentissement de ses levées de fonds au deuxième trimestre, les turbulences sur le marché du crédit privé ayant incité les investisseurs à se retirer de ses activités de prêt… Le gestionnaire d’actifs a levé 7,6 milliards de dollars au cours des trois mois s’achevant fin juin, contre 12,1 milliards de dollars pour la même période l’an dernier. »
31 juillet – Reuters :
« La dette des États et des collectivités locales américaines est en passe d’enregistrer son plus faible mois de juillet depuis plus de vingt ans, la hausse des rendements des bons du Trésor de référence et une avalanche de nouvelles émissions pesant sur ce qui est habituellement l’un des mois les plus dynamiques pour ce marché de 4 000 milliards de dollars. L’indice Bloomberg des obligations municipales a reculé de 1,72 % depuis le début du mois jusqu’à jeudi, soit le pire mois de juillet depuis 2003. Il s’agit seulement de la deuxième perte mensuelle de l’année ; la première remontait à mars, lorsque les prix du pétrole avaient flambé au début de la guerre en Iran. »
NOUVELLES DU TOUT EN BULLES
29 juillet – Bloomberg
« Les grandes banques européennes se sont lancées dans le trading d’actions à l’échelle mondiale. Le danger guette cependant : lorsque le marché se retourne, la réaction est souvent brutale. Barclays Plc et UBS Group AG ont annoncé cette semaine une hausse de leurs revenus de trading actions de 46 % et 53 % respectivement (en dollars) par rapport au deuxième trimestre de l’année précédente. BNP Paribas SA a enregistré une progression de 47 % la semaine dernière.
Citigroup Inc., qui rattrape également son retard, a affiché une croissance similaire. Malgré leur solidité, ces chiffres restent modestes comparés aux gains de plus de 70 % enregistrés par les quatre autres grandes banques américaines. La principale différence pour les leaders américains au deuxième trimestre résidait dans leurs activités déjà considérables de prêts aux fonds spéculatifs et autres traders utilisant l’effet de levier. »
28 juillet – Financial Times
« Ces dernières semaines, les banques de Wall Street ont exigé davantage de garanties de la part des fonds spéculatifs, alors que la chute des valeurs liées à l’IA s’accélère et entraîne de lourdes pertes pour plusieurs stratégies populaires. Selon quatre sources proches du dossier, les banques ont demandé aux fonds dont les actifs sont fortement concentrés dans certains secteurs de fournir des garanties supplémentaires afin de maintenir leurs niveaux d’effet de levier actuels. Ces demandes de garanties soulignent les craintes croissantes à Wall Street quant à l’ampleur et à la rapidité de la vente massive de valeurs liées à l’IA ces deux dernières semaines, qui a mis un terme à la hauss