La vraie stratégie de la Fed sous Trump
Un tweet publié hier par l’analyste financière Samantha LaDuc fait le buzz dans les cercles de marché.
Il commente le témoignage de Kevin Warsh futur patron de la Fed devant le Sénat et révèle, en filigrane, comment la politique monétaire américaine risque de continuer à soutenir les actifs financiers sans passer par les outils classiques (QE ou QT).
Le contexte : Kevin Warsh veut réduire le bilan de la Fed… en théorie
Lors de son audition au Sénat, Kevin Warsh a réaffirmé son souhait de réduire le bilan de la Réserve fédérale (Quantitative Tightening ou QT). C’est-à-dire vendre ou laisser arriver à échéance une partie des titres (Trésors et MBS) accumulés pendant les périodes de Quantitative Easing (QE).
Tom McClellan, analyste technique renommé, a publié un graphique très clair (ci-dessous en description) qui rappelle l’histoire récente :
- QT1 (2008) : tentative de réduction de liquidité en pleine crise → aggravation de la crise financière → QE1.
- Arrêt de QE1 (2010) → Flash Crash de mai 2010 → QE2.
- Arrêt de QE2 (2011) → chute de 19 % des marchés → Opération Twist puis QE3.
- QT2 (2018) → forte volatilité et correction de fin d’année.
- QT3 (2022) → bear market et récession technique → ralentissement puis nouvelle phase d’assouplissement.
- Aujourd’hui nous serions en QE5, avec un bilan Fed toujours très élevé et une liquidité abondante.

Le graphique superpose l’évolution du S&P 500 (en noir, échelle logarithmique) et le total des Treasuries et MBS détenus par la Fed (en vert). Il montre clairement que chaque tentative de « serrer la vis » (QT) a fini par être suivie d’un nouvel assouplissement massif pour éviter un krach.
LaDuc résume parfaitement la situation :
« Warsh va maintenir l’“indépendance de la Fed” tout en s’alignant sur le plan Trump-Bessent-Lutnick : baisses de taux + roulement des Treasuries à court terme.
Ces deux mesures injectent de la liquidité dans les marchés et nourrissent l’inflation, ce qui bénéficie doublement aux détenteurs d’actifs… tout en évitant complètement le QT ou le QE officiel. »
En clair :
- La Fed garde les apparences d’indépendance.
- Mais elle applique de facto une politique ultra-accommodante voulue par l’administration Trump (Scott Bessent au Trésor, Howard Lutnick très influent).
- Au lieu de faire du QT (réduction du bilan), on baisse les taux et on refinance la dette publique à court terme , cela maintient les conditions financières très souples.
- Résultat : les marchés actions et obligataires restent soutenus, l’inflation reste élevée (ce qui érode la dette réelle), et les détenteurs d’actifs (grands investisseurs, fonds, banques) sont les grands gagnants.
Ce n’est pas une nouvelle vague de « planche à billets » classique (QE). C’est une nouvelle forme de soutien monétaire : plus discrète, plus vicieuse, plus politique, et tout aussi efficace pour faire monter ou empêcher de baisser les prix des actifs.
Samantha LaDuc et Tom McClellan soulignent le même message : l’histoire montre que la Fed a du mal à réduire son bilan sans provoquer des turbulences.
Plutôt que de risquer un nouveau crash, on choisit la voie la plus simple : maintenir la liquidité abondante, même si cela signifie accepter une inflation persistante.
Le tweet met donc en lumière une réalité souvent niée publiquement : la politique monétaire est otage des marchés financiers, elle a fait son check-in à l’Hotel California quitte à masquer les outils utilisés.
Derrière le discours d’indépendance et de rigueur, la Fed et le Trésor sont prêts à continuer d’arroser les marchés… mais avec des méthodes différentes, plus difficiles à critiquer ouvertement.
Cette perspective explique pourquoi les indices de Wall Street continuent de flirter avec des records malgré un endettement public record et une géopolitique tendue. Les initiés ont été briefés.
EN PRIME
Le Trésor américain soutient les cours de sa dette: il vient d’acheter 15 milliards de dollars de sa propre dette en une seule journée, le rachat le plus important de l’histoire.
Voici ce que cela signifie en anglais clair : le gouvernement rachète essentiellement des prêts qu’il avait contractés il y a des années, avant leur échéance afin de souenir les rpix et eviter que les taux longs ne montent..
Cela semble de la bonne egstion mais c’est tout le contraire!
Quand le Trésor rachète de la dette ancienne , il injecte de l’argent dans le système financier.
Les banques et les investisseurs qui détenaient cette dette ont de l’argent à réinvestir.
C’est une façon d’injecter de la liquidité sans l’appeler par son nom.
Le timing mérite qu’on s’y attarde.
Les marchés ont été volatils, la confiance dans la dette américaine a été chancelante, et les acheteurs étrangers se sont discrètement retirés des bons du Trésor américain.
C’est un signe que le Gouvernement devait agir vite.15 milliards de dollars en une journée, un nouveau record absolu, pile au milieu d’une guerre commerciale et d’une guerre tout court… De la routine.
EN PRIME
La vraie stratégie de la Fed sous Trump
Un tweet publié hier par l’analyste financière Samantha LaDuc fait le buzz dans les cercles de marché.
Il commente le témoignage de Kevin Warsh futur patron de la Fed devant le Sénat et révèle, en filigrane, comment la politique monétaire américaine risque de continuer à soutenir les actifs financiers sans passer par les outils classiques (QE ou QT).
Le contexte : Kevin Warsh veut réduire le bilan de la Fed… en théorie
Lors de son audition au Sénat, Kevin Warsh a réaffirmé son souhait de réduire le bilan de la Réserve fédérale (Quantitative Tightening ou QT). C’est-à-dire vendre ou laisser arriver à échéance une partie des titres (Trésors et MBS) accumulés pendant les périodes de Quantitative Easing (QE).
Tom McClellan, analyste technique renommé, a publié un graphique très clair (ci-dessous en description) qui rappelle l’histoire récente :
- QT1 (2008) : tentative de réduction de liquidité en pleine crise → aggravation de la crise financière → QE1.
- Arrêt de QE1 (2010) → Flash Crash de mai 2010 → QE2.
- Arrêt de QE2 (2011) → chute de 19 % des marchés → Opération Twist puis QE3.
- QT2 (2018) → forte volatilité et correction de fin d’année.
- QT3 (2022) → bear market et récession technique → ralentissement puis nouvelle phase d’assouplissement.
- Aujourd’hui nous serions en QE5, avec un bilan Fed toujours très élevé et une liquidité abondante.

Le graphique superpose l’évolution du S&P 500 (en noir, échelle logarithmique) et le total des Treasuries et MBS détenus par la Fed (en vert). Il montre clairement que chaque tentative de « serrer la vis » (QT) a fini par être suivie d’un nouvel assouplissement massif pour éviter un krach.
LaDuc résume parfaitement la situation :
« Warsh va maintenir l’“indépendance de la Fed” tout en s’alignant sur le plan Trump-Bessent-Lutnick : baisses de taux + roulement des Treasuries à court terme.
Ces deux mesures injectent de la liquidité dans les marchés et nourrissent l’inflation, ce qui bénéficie doublement aux détenteurs d’actifs… tout en évitant complètement le QT ou le QE officiel. »
En clair :
- La Fed garde les apparences d’indépendance.
- Mais elle applique de facto une politique ultra-accommodante voulue par l’administration Trump (Scott Bessent au Trésor, Howard Lutnick très influent).
- Au lieu de faire du QT (réduction du bilan), on baisse les taux et on refinance la dette publique à court terme , cela maintient les conditions financières très souples.
- Résultat : les marchés actions et obligataires restent soutenus, l’inflation reste élevée (ce qui érode la dette réelle), et les détenteurs d’actifs (grands investisseurs, fonds, banques) sont les grands gagnants.
Ce n’est pas une nouvelle vague de « planche à billets » classique (QE). C’est une nouvelle forme de soutien monétaire : plus discrète, plus vicieuse, plus politique, et tout aussi efficace pour faire monter ou empêcher de baisser les prix des actifs.
Samantha LaDuc et Tom McClellan soulignent le même message : l’histoire montre que la Fed a du mal à réduire son bilan sans provoquer des turbulences.
Plutôt que de risquer un nouveau crash, on choisit la voie la plus simple : maintenir la liquidité abondante, même si cela signifie accepter une inflation persistante.
Le tweet met donc en lumière une réalité souvent niée publiquement : la politique monétaire est otage des marchés financiers, elle a fait son check-in à l’Hotel California quitte à masquer les outils utilisés.
Derrière le discours d’indépendance et de rigueur, la Fed et le Trésor sont prêts à continuer d’arroser les marchés… mais avec des méthodes différentes, plus difficiles à critiquer ouvertement.
Cette perspective explique pourquoi les indices de Wall Street continuent de flirter avec des records malgré un endettement public record et une géopolitique tendue. Les initiés ont été briefés.
EN PRIME
Le Trésor américain soutient les cours de sa dette: il vient d’acheter 15 milliards de dollars de sa propre dette en une seule journée, le rachat le plus important de l’histoire.
Voici ce que cela signifie en anglais clair : le gouvernement rachète essentiellement des prêts qu’il avait contractés il y a des années, avant leur échéance afin de souenir les rpix et eviter que les taux longs ne montent..
Cela semble de la bonne egstion mais c’est tout le contraire!
Quand le Trésor rachète de la dette ancienne , il injecte de l’argent dans le système financier.
Les banques et les investisseurs qui détenaient cette dette ont de l’argent à réinvestir.
C’est une façon d’injecter de la liquidité sans l’appeler par son nom.
Le timing mérite qu’on s’y attarde.
Les marchés ont été volatils, la confiance dans la dette américaine a été chancelante, et les acheteurs étrangers se sont discrètement retirés des bons du Trésor américain.
C’est un signe que le Gouvernement devait agir vite.15 milliards de dollars en une journée, un nouveau record absolu, pile au milieu d’une guerre commerciale et d’une guerre tout court… De la routine.
EN PRIME
Les fonds spéculatifs possèdent désormais environ 2,5 trillions de dollars de dette américaine, plus du DOUBLE de ce qu’ils détenaient en 2022.
Les génies la financent en contractant de la dette à court terme garantie par des bons du Trésor américain. Oui, vous avez bien lu, ils utilisent des bons du Trésor américain comme garantie pour en acheter davantage.
Pourquoi cela compte : Les déficits annuels américains s’élèvent à environ 2 Trillions de dollars, s’ajoutant rapidement au total de la dette nationale de 39 trillions de dollars, les seuls coûts d’intérêt atteignant 1 trillion de dollars par an.
Devinez ce que font les États-Unis ? Exactement, ils émettent plus de bons du Trésor pour le financer.
Ainsi, les États-Unis font de l’argent à partir de rien pour financer leur déficit, et les fonds spéculatifs empruntent contre des bons du Trésor pour en acheter plus.
Tout cela va exploser. Si vous pensiez que la crise financière de 2008 était grave, quand celle-ci déraillera, cela fera passer l’autre pour un simple échauffement.
Source : Fortune,